Présentation de l’œuvre
L’installation propose un parcours au travers du Moulin et une mise en perspective des espaces : Moulin, Chambre obscure, Passerelle, Océan, au moyen de l’élément liquide.
Par le truchement de petits volumes de bois de hêtre gravés de mots le Visiteur est invité à jouer le rôle de déclencheur d’un dispositif qui s’ouvre sur l’extérieur. Autant de bouteilles à la mer que de visiteurs impliqués. Les éléments libérés, abandonnés au courant, vont jouer un rôle actif extérieur. La Passerelle Lodelaloue sera le premier lieu de rencontre privilégié avec ces mots flottants, spectacle extraordinaire de symphonie littéraire orchestrée de l’onde liquide. Ces mots matérialisent le flux, comme un fil d’Ariane déroulé à l ‘infini dans les méandres du réel et de l’imaginaire.

Fonctionnement du Dispositif
Une réserve de 2500 plaquettes de bois, gravés chacune d’un des mots de la phrase : « La Loue à (a) notre merci », se trouve à disposition sur la gauche en entrant.
Le dispositif utilise en permanence de l’eau pompée dans la Loue qui accède au bassin, dans lequel le Visiteur dépose un des bois gravé, puis se déverse dans un canal suspendu qui déambule au travers de la Chambre obscure. Elle ressort par l’arrière du bâtiment et se jette dans le déversoir de la Loue qu’elle retrouve en amont du Moulin, entraînant avec elle les bois flottés, en direction de la Passerelle, ultime jalon du site de la Baysse sur son parcours fluvial.
Participation du visiteur
Le visiteur est invité à participer de manière active. Bien que minimal, son simple geste nous implique dans un processus où les mots glissent effectivement sur la Loue et s’invitent au cœur du paysage, dans une confrontation concept / réalité.
Sur le parcours des eaux ils nous proposent de faire un bout de chemin avec eux jusqu’au confins de notre horizon physique, abandonnant à notre imaginaire le soin de poursuivre son itinéraire hypothétique.
La Phrase et les Mots mis en jeu
L’utilisation de la phrase : «La Loue à (a) notre merci», ambivalente s’il en est, dont le sens est suspendu à la présence ou à l’absence de l’accent grave, symbolise en elle-même la fragilité de l’équation Nature/Culture = Réalité.
Destinée et repêcheurs
Les éléments sont voués à la rencontre, comme bouteilles à la mer, ils fonctionnent en messagers lisibles. Des bribes incompréhensibles, mots abandonnés à l’autre comme à eux-même interrogent au fil de l’eau ceux-là même qui se penchent sur eux se prenant à les repêcher.
Le verso du bois que l’on prend en main indique une adresse «web» a-grav.org invitant à une nouvelle déambulation : surf sur la vague (virtuelle cette fois) aux accents électroniques qui éclairent d’une lumière nouvelle l’origine des petits bois.
Notre petite histoire toute personnelle et incongrue semble comme liée (une fois de plus) à une expérience plus globale pour ne pas dire Artistique, un projet auquel nous sommes malgré nous rattachés et qui nous invite à jouer ailleurs notre rôle en partageant cette fois notre expérience.
La page web a-grave.org s’articule autour de la découverte et interroge (précisément cette fois) : quels mots, quelles circonstances, quels lieux, quelles heures… ?
Un descriptif du projet nous dévoile l’heur qui nous place sur le parcours d’une œuvre qui déploie ses accents sur les cours halieutiques tout en nous entraînant sur Internet pour une virtuelle révélation du réel parcours qui mène ce mot- là à l’instant magique de notre rencontre.
Le site indépendant est intimement lié à l’œuvre, il en est comme le prolongement inexorable de son espace : son Omega électronique.




